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Le discours-hommage de Claude Capillon à Claude Pernès

1 commentaire

Le discours suivant est celui prononcé par Claude Capillon, Maire de Rosny-sous-Bois et président de l’URAM lors du barbecue du 26 septembre 2010 en hommage à Claude Pernès.

Seul le prononcé fait foi.

Très chers amis,

C’est une immense joie de vous voir tous présents aujourd’hui malgré la météo. Je vous remercie tous bien chaleureusement d’avoir fait le déplacement.

Vous d’abord, chers collègues, qui malgré vos agendas parfois compliqués avez réussi à dégager du temps pour ce sympathique barbecue.

Vous ensuite, les militants de toujours, piliers de l’URAM, qui malgré les années, êtes  toujours présents et actifs que vous ayez ou pas assumé de mandat, vous êtes un rouage essentiel dans le succès de l’Uram.

Vous enfin, les nouveaux militants qui viennent d’arriver, apportant votre dynamisme et vos idées. L’Uram est avant tout une famille au sein de laquelle, je suis fier de vous accueillir.

En deux mots, je vais vous dire ce qui vous attendra :

Avant tout, je crois que tout le monde à repéré les deux endroits stratégiques : le bar et le barbecue.

Le Barbecue de l’URAM est un rendez vous annuel récurrent qui permet à tous les adhérents de se retrouver à la rentrée pour parler des projets à venir, de ceux qui se sont terminés et tout simplement se retrouver ensemble dans une ambiance conviviale.

Je suis attaché à cet esprit, parce que c’est comme cela, unis, solidaires et fraternels que nous pourront poursuivre sur la lancée et continuer à faire de Rosny-sous-Bois une ville où il fait « mieux-vivre ensemble ».

Vous aurez droit à quelques discours, incontournables dans ces rassemblements. Et je garderai la parole un instant pour évoquer la mémoire du grand absent de ces agapes : Claude Pernès.

Comme vous le savez tous, nous avons eu la douleur d’apprendre son décès en mai. Il est mort en laissant les Rosnéens orphelins de maire, lui qui avait exercé son mandat durant les 27 dernières années, a particulièrement marqué de son emprunte le développement de la ville.

D’ailleurs, je tiens à vous rassurer, dès maintenant. Je ne ferai pas l’énumération exhaustive de toutes ses réalisations. D’abord parce que j’aurai bien trop peur d’en oublier et ensuite parce que, même si j’en oubliais la moitié, nous en aurions encore pour une semaine au moins.

Charles de Gaulle avait coutume de dire : «  On ne fait rien de grand sans grands hommes et ceux qui le sont, le sont pour l’avoir voulu. ».

Pour Claude, dont vous connaissiez l’exigence, il ne fallait rien de moins que le meilleur et le plus innovant pour notre ville, parce que c’était comme cela qu’il concevait l’intérêt général.

Et je crois pourvoir dire en notre nom à sa famille et à ses amis que Claude Pernès était vraiment un GRAND homme.

Il faut parfois les mots d’un autre pour exprimer notre pensée profonde et je crois que cette citation du Général colle parfaitement à la personnalité de Claude Pernès.

Elu maire de Rosny-sous-Bois depuis 1983, il venait, comme je vous l’indiquais, de fêter ses 27 ans de mandat. Et d’être réélu pour la cinquième fois consécutive.

27 ans de dévouement à une ville qu’il a profondément aimée et modifiée, 27 ans de dévouement à des idéaux humanistes, 27 ans de dévouement aux Rosnéens qui ont massivement répondu présents pour lui rendre un dernier hommage lors de ses obsèques.

Il se définissait souvent comme un enfant de la Seine-Saint-Denis, où il grandit modestement. Très tôt, Claude décide de prendre sa vie en main et de travailler. Après plusieurs petits boulots, il se fixe chez Valourec, leader mondial du tube métallique pour y devenir programmateur informatique. Il en tira un gout prononcé pour les nouvelles technologies conduisant Rosny-sous-Bois à décrocher la récompense suprême pour les collectivités en matière informatique : les cinq arobases.

C’est dans ces années là qu’il pose ses valises dans une HLM du Pré-Gentil.  Plein d’ambition, il suit les cours du soir et malgré des journées bien remplies entre son travail et sa famille, il réussit brillamment ses examens et progresse dans son entreprise.

Dans le même temps, alors qu’il est parent d’élève à Rosny-sous-Bois, il crée l’antenne locale de la PEEP. Claude ne le sait pas encore mais ce sera le point de départ de sa vocation politique.

Car, le jeune père de famille ne laisse pas indifférent. Il se fait remarquer par la pugnacité et l’intelligence de ses interventions. On le pousse alors à partir en campagne aux cantonales. Si certains s’interrogent au début, en découvrant cet inconnu, ils ne tardent pas à apprécier l’homme et à se rallier au mouvement de fond qui, a l’issue des élections municipales de 1983, le consacreront plus jeune maire d’Ile de France.

Claude était en permanence à la recherche du consensus et de l’union. L’homme était fédérateur ; l’élu, visionnaire.

En près de 30 années de mandature locale, il a remodelé Rosny en une ville où il fait bon vivre et même plus. Inlassable apôtre du « Mieux vivre ensemble », il a fait  de cette devise son leitmotiv. Cette devise était à la fois celle de Claude Pernès mais aussi celle de l’Uram.

Durant toutes ces années, la situation des élus locaux a particulièrement évolué. Les responsabilités se sont accrues, les attentes des administrés aussi. ILS SONT, NOUS SOMMES, devenus beaucoup plus exigeants sur la qualité, bien sur, mais aussi sur la rapidité des services rendus. La tension dans les villes de banlieue est montée d’un cran,  et nous avons tous quelques exemples en stock.

A son niveau, Claude avait su se faire le porte parole et le défenseur des élus locaux toutes tendances confondues pendant une quinzaine d’année alors que ses pairs lui avaient confiés la présidence de l’AMIF.

Et pourtant, il y a des choses qui ne changent pas. Vous savez mieux que personne que la vie politique est un engagement de tous les instants. Un véritable sacerdoce. Mais dans le même temps, je ne connais rien de plus exaltant. C’est pourquoi, je peux vous assurer, chers amis, que ceux qui comme Claude Pernès hier et comme moi aujourd’hui siègent dans des conseils municipaux, généraux ou régionaux sont tous animés d’une même flamme et convaincus qu’ils peuvent apporter une plus value à la société.

Nous tous, ici présents, pouvons apporter notre pierre afin de mieux vivre ensemble.

Claude n’était pas forcément l’homme des grandes théories, ce n’était pas comme certains un « professionnel de la politique » qui avait fait des études lui garantissant une carrière toute tracée. C’était un instinctif, un empirique. Un élu qui vivait sa ville, qui ressentait Rosny-sous-Bois et prenait son pouls à chaque fois qu’il se baladait dans la rue.

Je ne l’ai jamais vu reculer devant la confrontation même s’il privilégiait systématiquement le dialogue et la conciliation.

Cela l’a conduit à mener une ambitieuse politique de développement, faisant la part belle à de nombreux projets audacieux. Mais toujours, dans un souci d’équilibre

L’équilibre, justement, qui l’avait conduit à élaborer une théorie qui lui tenait à cœur et à laquelle, il n’a jamais manqué de se conformer.

Ceux qui le connaissaient bien ont deviné le fond de ma pensée :

Il s’agit, bien entendu, de son fameux carré magique pour une ville équilibrée.

Ce carré magique, il faut bien l’expliquer. Et vous allez voir, comme toutes les théories brillantes qu’elle est simple mais lumineuse.

L’idée principale qui sous tend cette théorie, c’est une recherche d’équilibre et d’harmonie entre quatre données :

  • l’offre de logementClaude Capillon et Claude Pernès
  • celle des transports et leur qualité
  • une activité économique dynamique
  • et enfin, une notion large, la qualité de vie qui regroupe des choses aussi variées que le cadre de vie ou l’offre culturelle.

Selon Claude Pernès, si vous arriviez à soigner ces quatre éléments, vous bénéficiez d’un cercle vertueux.

Laissez moi vous donner quelques exemples :

Avant la victoire de 1983, les collines de la Boissière étaient en friches laissées à l’abandon. Claude a eu un premier coup de génie en insistant pour créer un golf là où il y avait une décharge.

En installant un golf dans une ville de banlieue qui souffrait d’un déficit d’image, on a réussi à inverser la tendance, redynamiser l’ensemble du quartier de la Saussaie Beauclair en le transformant en pôle économique sur lequel, nous avons faillit accueillir le stade de France avant qu’il n’aille finalement à Saint-Denis.

Toutefois, cette opération ne fut pas vaine car ce concours avait mis la puce à l’oreille des promoteurs qui sont venus, quelques années plus tard avec le projet de DOMUS.

Domus, sans vous faire, l’article, ce sont des taxes pour la commune, des emplois pour les Rosnéens, une image forte pour la ville.

La requalification des alentours du golf a permis, grâce aux recettes, de financer plusieurs réhabilitations dans les quartiers sociaux. Comme Mermoz tout dernièrement ou très bientôt Casanova.

Claude était un bâtisseur et un visionnaire qui comme les grands joueurs d’échec avait toujours un coup d’avance. Il anticipait énormément privilégiant toujours l’excellence. C’est ainsi que nous avons toujours appuyé et appliqué les différentes mesures de politique de la ville, favorisant l’éducation. Comme lorsque nous avons encouragé l’émergence d’un projet pilote, l’école de la seconde chance dont le succès est énorme et qui permet à des jeunes déscolarisés de se réinsérer.

Durant toutes ces années, l’amélioration du cadre de vie a guidée, l’action de l’URAM, c’est ainsi que la ville s’est dotée de nombreux espaces verts comme le parc Decesari qui accueille chaque été MUSICOPARC, un festival musical gratuit.

Grâce à la présence de commerces, d’un bassin d’emploi reconnu, de logements de qualité, Rosny-sous-Bois est devenue une oasis dans un département plus habitué à faire la une des journaux pour les problèmes de délinquance que pour la qualité de vie.

Cependant, le carré magique n’aurait pas été vraiment complet sans une politique de transport ambitieuse. Nous sommes, je vous le rappelle, l’une des rares villes à accueillir deux gares de RER sur son territoire.

Mais tout cela n’est rien comparé au véritable rêve de Claude, un but qu’il poursuivit depuis de nombreuses années : faire venir le métro jusqu’à Rosny-sous-Bois. Ce rêve, chers amis, est en passe de se réaliser puisque nous sommes aujourd’hui en pleine concertation pour le prolongement de la ligne 11 du métro jusqu’à Rosny.

Pour y parvenir, Claude Pernès a usé de toute son influence et de tout son entregent auprès de la région et du STIF où il a siégé. Il s’est fait le héraut de ce projet auprès des élus des villes voisines, du département et des différents préfets de région et remontant même jusqu’aux ministres qu’il connaissait bien.

Sachez que le projet, même s’il est bien engagé, n’est pas encore aboutit. Toutefois, vous pouvez compter sur moi pour le mener à bien au profit des Rosnéens.

Avant de laisser la parole, je voulais encore une fois vous remercier de votre présence, à ce barbecue de l’Uram un peu spécial parce qu’il est aussi un hommage à un maire, un chef, un ami qui vient de nous quitter.

Soyez sur que je continuerai dans la droite ligne de Claude en respectant son fameux carré magique. Mais pour y arriver, j’ai besoin de vous, de votre appui, de votre soutien pour qu’ensemble nous continuons à faire de Rosny-sous-Bois une ville où il fait MIEUX VIVRE ENSEMBLE.

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commentaires

  1. Jean Pierre a dit :

    Merci à Claude CAPILLON
    Un très bel hommage digne de ce nom.
    Le plus bel hommage que l’on peut faire est de continuer à faire vivre l’URAM et surtout bien conserver la première lettre le « U » comme union, fait qui était très cher à Claude PERNES.
    Encore Merci à Claude CAPILLON et continuons!
    J.P.