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Le “votez contre” ou la démocratie low cost

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A l’heure où nos pays traversent des temps difficiles, beaucoup d’entre nous se rabattent sur des modèles économiques tels que le « low cost ». A Rosny-sous-Bois comme ailleurs, nous avons observé depuis un an que cette tendance n’a pas épargné la vie démocratique de notre pays ni même celle de notre ville.

« Le pas cher est très cher »

Le low cost, ou le « bas coût » pour les moins anglophones d’entre nous, sert à offrir aux consommateurs un produit peu cher souvent au détriment de sa qualité et de sa pérennité. D’aucuns s’offusqueront en hurlant dans leurs mégaphones que la démocratie n’est pas un produit et encore moins un produit de consommation ; et ils auront raison ! Mais leur objectivité les forcera à reconnaître que de nos jours, son exercice emploie quasiment toutes les méthodes de la mercatique ; et c’est là que démocratie et consommation se rejoignent.

Or, comme le dit un vieux dicton « le pas cher est très cher ». Lors des dernières échéances électorales, beaucoup de Français, déjà conditionnés par une conjoncture économique difficile sont tombés dans le piège de la démocratie low cost : celle où on ne s’intéresse pas au programme des candidats, celle où on ignore le bilan de l’exécutif sortant, celle où on se garde de comparer la situation du pays à celle de ses voisins ; bref, celle qui nécessite qu’on dépense du temps et de l’énergie pour décider à qui l’on apportera sa voix.

« Notre nouveau Président de la République s’est dispensé de mettre en avant ses qualités »

En effet, comme tout piège, celui-ci a été posé, dissimulé pour tromper ses proies et profite à ses auteurs qui l’utiliseront tant qu’il fonctionnera. En voici les grands principes.
Dans la tribune médiatique qui fut gracieusement offerte à l’ensemble de la gauche depuis septembre 2011, nous avons finalement eu très peu d’éléments de programme, hormis quelques annonces spectaculaires travesties en mesures « symboliques » par la suite. En revanche, tels des oies, nous avons été gavés de slogans nous invitant avec plus ou moins d’autorité (Marine Le Pen) et reconnaissons-le de charisme (Jean-Luc Mélenchon) à « changer maintenant », « voter contre », « battre Sarkozy » etc. C’est de cette façon que le piège fût posé : dans une sorte d’union sacrée consentie entre le Front National et l’ensemble de la gauche.

Changer, pourquoi pas ? Mais en principe, le changement sert rarement à opter pour un produit de moindre qualité. Hélas, c’est bien ce qu’il s’est passé. En « changeant maintenant », en faisant « voter contre » et en faisant « battre Sarkozy », celui qui est aujourd’hui notre nouveau Président de la République s’est complètement dispensé de mettre en avant ses qualités.
On comprend qu’il veuille rester « normal », il y est même forcé. En effet, il n’y a pas de quoi être enthousiaste quand on doit son élection au désistement forcé du vrai favori et à des passions tristes venues des extrêmes droite et gauche.

« Autant confier un A380 à un conducteur de pousse-pousse »

La preuve en est que rares sont les électeurs qui ont voté pour lui, sans être viscéralement de gauche, à pouvoir donner une seule de ses qualités voire un vrai élément de son programme. Et ne parlons pas des gens de son propre camp qui, lors des primaires de son parti ont largement partagé leur avis sur son incapacité à diriger la 5ème puissance mondiale. Enfin, vu l’égard et le respect que lui témoignent ses homologues chefs d’Etat, gageons que ce ne soit plus qu’une question de temps avant que la France ne devienne qu’une puissance de second rang au moins sur le plan diplomatique.

A l’URAM, nous nous demandons toujours comment un homme inapte à juguler le ressentiment de sa petite-amie à l’égard de son ex-femme, mou dans la direction de son parti, incompétent dans celle de son département peut diriger un pays comme le nôtre. Autant confier un A380 à un conducteur de pousse-pousse.

« Une députée peu dynamique, inconnue de tous, dont la compétence reste à prouver »

Rosny-sous-Bois ne fait pas exception. Lors des dernières élections législatives, la gauche a usé de ses outils habituels que sont la victimisation, très poussée cette fois et la désinformation. A cet attirail qui s’est toujours révélé inefficace s’est ajouté ce fameux « votez contre » qui aura finalement suffit à lui seul à faire élire une députée peu dynamique, inconnue de tous, dont la compétence reste à prouver même après plusieurs années de vie politique. Pour faire correctement son travail, celle-ci va devoir s’entendre avec trois maires dont elle ne partage ni les orientations politiques ni les priorités comme celles chères à Rosny-sous-Bois telles que l’urbanisme maîtrisé, la sécurité et un fort dynamisme économique et social.

Première manifestation de ce manque d’intérêt : elle a brillé par son absence lors de l’inauguration de l’annexe de la Police Municipale à Rosny-sous-Bois. S’agit-il d’une forme de lâcheté ? Il est vrai que cela aurait été difficile d’assister à un tel évènement et de voter dans les années qui viennent les lois qui viseront à désarmer ces mêmes policiers. Autre élément révélateur de son état d’esprit : un petit mais pas moins réel recadrage par le Ministre de l’Intérieur lorsqu’elle a tenté d’instrumentaliser un culte pour s’en prendre à la précédente majorité lors d’une commission parlementaire en juillet dernier.

« Ainsi fonctionne le national-clientélisme »

Quel est le résultat de tout cela ? Tout d’abord un déficit de représentation des Rosnéens à l’Assemblée Nationale. En effet, tous les citoyens qui ne partageront pas les idées de cette nouvelle représentante auront a priori bien du mal à être représentés par elle ; ainsi fonctionne le « national-clientélisme ». Ensuite, un matraquage fiscal accru : 96% des actifs rosnéens qui ont un emploi sont susceptibles de voir leur pouvoir d’achat diminuer du fait de la re-fiscalisation des heures supplémentaires votée par notre nouvelle députée.

Pour conclure, rappelons que l’Histoire a montré à de trop nombreuses reprises que la haine d’une personne ou d’un groupe de personnes ne s’avère profitable qu’aux dirigeants les moins-biens intentionnés à l’égard de leur peuple.

Enfin, plus près de nous, cette représentation nationale pas chère qui commence déjà à nous coûter très cher aura le mérite de prouver aux Français ainsi qu’aux Rosnéens que la démocratie n’est pas un domaine dans lequel il est bon de faire des économies. Pour les prochaines échéances électorales choisissons d’être dépensiers, voire gaspilleurs pour déterminer avec qui nous sommes et non-pas contre qui. Assurément, ce sera le meilleur moyen de continuer de faire de Rosny-sous-Bois cette ville d’exception en Seine-Saint-Denis.

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