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Syrie : la diplomatie de l’émotion l’emporte sur la raison

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Le déclenchement imminent de frappes aériennes en Syrie à l’initiative des Anglo-saxons, auquel la France apporterait son soutien, serait malvenu et témoignerait de ce que la diplomatie de la France et des occidentaux en l’occurrence, relève davantage de l’émotion que de la raison.

L’utilisation d’armes chimiques est inacceptable et il est toujours culpabilisant de rester spectateur de massacres de populations civiles. Mais la décision d’intervenir dans une guerre civile, en dehors de tout cadre légal, dans une région qui est une véritable poudrière, sans objectif clair pas même de faire tomber le régime de Bachar El Assad, relève de l’incohérence, le remède risquant de se révéler pire que le mal.

La Syrie n’est pas la Lybie ou le Mali

Nous avons déjà payé le prix de la difficulté à savoir gérer la reconstruction de régions dans lesquelles nous sommes intervenus militairement. Nous nous apprêtons à reproduire les mêmes erreurs dans un contexte ô combien plus complexe et dangereux.

La Syrie n’est pas la Lybie ou le Mali. Nous allons intervenir dans une guerre civile, pour ne pas dire une guerre à connotation religieuse entre sunnites et chiites, conflit dans lequel tous les belligérants semblent faire l’usage d’armes chimiques comme le confirme Carla del Ponte, membre de la commission d’enquête de l’ONU.

L’émotion suscitée par le degré d’horreur atteint par ce conflit du fait de l’utilisation de ces armes ne suffit pas à justifier notre précipitation à nous engager dans une intervention qui risque de conduire à une escalade dont nous ne maîtriserions pas l’issue. A vouloir nous acheter une bonne conscience, nous risquons de contribuer à l’embrasement d’une région du monde particulièrement sensible.

Se concentrer sur la diplomatie

C’est probablement ce qu’avait compris François Mitterrand, Président de la République d’une France restée silencieuse malgré l’utilisation d’armes chimiques par Saddam Hussein dans le conflit kurde.

Dans un conflit sans intérêt stratégique pour la France et dans lequel toute intervention occidentale accentuerait la déstabilisation du Proche-Orient, le Président de la République me semblerait mieux inspiré de ne pas s’aligner sur la position américaine et de rester en dehors de toute action militaire pour se concentrer sur la diplomatie, la vraie.

Source : Propos issus d’un communiqué d’Axel Poniatowski – Député du Val d’Oise et Maire de l’Isle Adam

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